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Villages méconnus du Tarn-et-Garonne : pas les plus beaux de France, et c’est tant mieux.

villages méconnus du Tarn-et-Garonne escapadesamoureuses.com

Tout le monde connaît Bruniquel, Najac ou Saint-Cirq-Lapopie. Leurs ruelles sont belles, et en été, elles sont pleines. À quelques kilomètres de là, les villages méconnus du Tarn-et-Garonne attendent qu’on veuille bien s’arrêter. Pas de label, pas de cars, parfois pas même un café ouvert. Juste des pierres qui ont une histoire, et le temps de l’écouter.

J’ai passé plusieurs semaines dans le département, avec Jagger, mon chien, à la recherche de ces lieux qu’on traverse sans les voir. Sur Instagram, j’en ai fait une série que j’ai appelée Villages méconnus. Ici, je vous raconte les quatre qui m’ont le plus touchée : trois villages et une abbaye. Et parce que je ne suis pas sectaire, je vous dis aussi comment profiter des célèbres voisins sans la foule.

Ce n’est pas une liste à cocher. C’est une invitation à ralentir, un village par jour, pas plus.

Caylus, le village où Zadkine a laissé son Christ

Caylus s’accroche à une colline au-dessus de la vallée de la Bonnette, au carrefour du Quercy et du Rouergue. Vue de loin, c’est une silhouette médiévale de plus. Vue de près, c’est une collection de détails qu’on manque si l’on marche trop vite.

Mon coup de cœur, pourtant, n’est pas dans le village. C’est la cascade pétrifiante, un peu à l’écart : une cascade de pierre, façonnée par une eau si calcaire qu’elle fige tout ce qu’elle touche. Il faut marcher un peu pour la trouver, et c’est sans doute pour ça qu’elle reste confidentielle. Ne la manquez pas.

Ce qu’il ne faut pas manquer à Caylus

  • Le Christ de Zadkine, dans l’église Saint-Jean-Baptiste. Une immense sculpture en bois de 1954, classée monument historique, signée Ossip Zadkine, qui séjourna régulièrement à Caylus avec sa femme, la peintre Valentine Prax. Un grand nom de l’art du XXe siècle, dans une église de village.
  • Les vitraux anciens de la même église, considérés comme le plus bel ensemble du Tarn-et-Garonne.
  • La Maison des Loups, du XIIIe siècle, et ses sculptures en façade.
  • La halle du XVe siècle, toujours debout au cœur du bourg.
  • La cascade pétrifiante, accessible par un sentier de randonnée, pour celles qui veulent prolonger à pied.

Mon conseil : remontez la rue Droite sans plan. C’est elle qui relie presque tout, et c’est là que les façades témoignent le mieux du Moyen Âge.

Varen, le prieuré qui a perdu la tête

À l’extrême nord-est du Tarn-et-Garonne, au bord de l’Aveyron, Varen est née d’un monastère. Au Xe siècle, l’abbaye d’Aurillac y fonde un prieuré bénédictin voué à l’agriculture, et le village pousse autour des moines.

Ce que j’aime à Varen, c’est qu’on peut y passer la matinée dans les pierres et l’après-midi dans l’eau. Le village est posé au bord de l’Aveyron, et la visite se termine volontiers par une baignade. Une seule précaution : la baignade n’y est pas surveillée, renseignez-vous sur place sur les coins sûrs et le niveau de l’eau. En tous les cas, Jagger a apprécié !

L’histoire qu’on ne vous racontera pas sur place

Le doyenné, cette tour carrée hérissée de mâchicoulis près de l’église, était la résidence du doyen du prieuré. En 1581, pendant les guerres de Religion, les protestants le saccagent et le doyen est décapité devant la porte de l’église. Quand on le sait, la place paisible prend une autre couleur.

Ce qu’il ne faut pas manquer à Varen

  • L’église Saint-Pierre, ancienne église du monastère, ouverte en visite libre et gratuite toute l’année, de 8h à 19h.
  • Le doyenné, visible de l’extérieur. Il n’ouvre ses portes qu’aux Journées européennes du patrimoine, en septembre.
  • La porte fortifiée de 1621 et les maisons à colombages, dernières traces du village ceint de murailles.

Varen se visite en une heure. Restez-en deux. C’est un village qui se laisse regarder lentement.

Montricoux, des Templiers à Montparnasse

À l’entrée des gorges de l’Aveyron, à vingt minutes de Montauban, Montricoux a deux vies. La première est templière : le village a été donné aux chevaliers du Temple en 1181, et leur donjon du XIIIe siècle domine toujours la place. La seconde est celle d’un peintre que l’histoire de l’art a presque oublié.

Ce qui m’a arrêtée net à Montricoux, ce sont ses maisons anciennes. Des façades à pans de bois et à encorbellement, rue après rue, si bien conservées qu’on se demande comment ce village a pu rester aussi discret.

Marcel-Lenoir, le peintre oublié

Né à Montauban en 1872, Marcel-Lenoir a fréquenté Modigliani et Fernand Léger à Montparnasse, avant de finir sa vie à Montricoux, où il meurt en 1931. Son musée occupe l’ancienne commanderie templière, ornée de fresques du XIIIe siècle. On y voit environ 130 de ses œuvres : dessins, pastels, aquarelles, huiles et fresques. C’est la double intrigue de Montricoux : venir pour les Templiers, repartir avec un nom de peintre en tête.

Ce qu’il ne faut pas manquer à Montricoux

  • Le musée Marcel-Lenoir, au château, 56 Grande Rue. Il ouvre d’avril à octobre : vérifiez les dates avant de venir hors saison. Je n’ai pas pu le visiter n’ayant pas vérifier les horaires avant.
  • Les maisons à pans de bois, la vraie signature du village, notamment rue des Templiers et rue Saint-Eutrope.
  • Le donjon templier, sur la place Marcel-Lenoir.
  • Le jardin du curé
  • Les bords de l’Aveyron et le barrage du moulin, pour une pause au frais.

L’abbaye de Beaulieu-en-Rouergue : ne la visitez pas, asseyez-vous.

Ce n’est pas un village, c’est une respiration. L’abbaye cistercienne de Beaulieu-en-Rouergue, à Ginals, a été fondée en 1144. Abandonnée à la Révolution, elle a été sauvée de la ruine dans les années 1950 par un couple de collectionneurs, Geneviève Bonnefoi et Pierre Brache. Ils en ont fait l’un des premiers centres d’art contemporain de la région.

Aujourd’hui, la pierre cistercienne dialogue avec Dubuffet, Hartung, Vasarely ou Vieira da Silva. La collection compte plus de 1 300 œuvres, dont environ 160 sont exposées dans le parcours.

Mon conseil : la visiter à votre façon

La plupart des visiteurs traversent les salles comme on feuillette un catalogue. C’est la mauvaise façon. Ici, il faut s’asseoir. Dans l’église, dans le cloître, face à une toile qui bouscule. Laisser le silence cistercien faire son travail. Moi, je suis restée. Restez aussi.

Beaulieu restera pour moi le jour où j’ai initié Jagger à l’art moderne. Je ne garantis pas qu’il en soit ressorti amateur d’abstraction. Mais je ne connais pas beaucoup de chiens qui peuvent se vanter d’avoir croisé Dubuffet. Car oui, vous pouvez visiter l’abbaye avec votre chien ! Exceptées une ou deux salles qui vous serons spécifiées par la personne adorable de l’accueil.

Bon à savoir

  • L’abbaye est gérée par le Centre des monuments nationaux. Horaires et tarifs sur beaulieu-en-rouergue.fr.
  • Un parc paysager et un jardin de roses entourent l’abbaye, parfaits pour prolonger la pause.
  • Jagger m’a accompagnée pendant la visite. Les règles pouvant évoluer, confirmez l’accès des chiens auprès de l’abbaye avant de venir.

Et les célèbres voisins ? Bruniquel, Puycelsi, Najac

Soyons honnêtes : ces trois-là ne sont pas des pépites oubliées. Tous sont classés parmi les Plus Beaux Villages de France, et deux ne sont même pas dans le Tarn-et-Garonne. Mais ils sont à moins d’une heure, et ce serait dommage de les bouder. Le secret n’est pas d’éviter les incontournables. C’est d’y aller à la bonne heure.

Bruniquel (Tarn-et-Garonne) : le soir, à contre-courant

Deux châteaux sur une falaise au-dessus de l’Aveyron. Je suis arrivée en fin d’après-midi, j’ai visité les châteaux d’abord, puis le village une fois les groupes partis, quand la lumière devient rasante sur les façades. Bonne surprise : Jagger a pu entrer avec moi dans les châteaux. Une erreur à éviter : photographier la falaise depuis le bord de la rivière en fin de journée, vous serez en plein contre-jour. Gardez ce point de vue pour le matin.

Saviez-vous qu’un des plus beaux films français a été tourné dans ce château ? Il s’agit du Vieux fusil avec Philippe Noiret et Romy Schneider.

Puycelsi (Tarn) : la lumière dorée

Perché au-dessus de la forêt de la Grésigne, Puycelsi est l’un des villages les plus visités du coin. Venez en fin de journée, quand la pierre devient dorée, et restez dîner.

Je vous conseille de dîner au Cabanon Sauvage : des plats locaux délicieux, de bons vins et la vue sur le soleil couchant.

Najac (Aveyron) : le village que vous avez déjà vu cent fois

Sa forteresse royale sur son éperon rocheux est l’une des images les plus partagées de la région, sans que beaucoup sachent la nommer. C’est d’ailleurs l’angle de mon Reel le plus vu sur Instagram.

Visiter les villages méconnus du Tarn-et-Garonne : quand y aller, avec ou sans chien

Un itinéraire en quatre jours, un village par jour

  1. Caylus et l’abbaye de Beaulieu. Les deux sont voisins, aux portes du Rouergue. Le village le matin, l’abbaye l’après-midi, pour s’y poser longtemps.
  2. Varen, puis Najac. Varen se découvre tranquillement, Najac se garde pour la fin de journée.
  3. Montricoux et Bruniquel. Une dizaine de kilomètres seulement les séparent, le long de l’Aveyron. Montricoux d’abord, Bruniquel au soir.
  4. Puycelsi, pour une dernière soirée dorée.

Quand partir

Le printemps et le début de l’automne sont idéaux : lumière douce, chaleur supportable, villages calmes. En été, visitez tôt le matin ou en fin de journée. Hors saison, certains sites ferment : le musée Marcel-Lenoir, par exemple, n’ouvre que d’avril à octobre. Vérifiez toujours avant de partir.

Avec un chien

Toutes ces balades se font avec un chien, villages et bords de rivière compris. Pour les intérieurs, c’est au cas par cas : les châteaux de Bruniquel et l’abbaye de Beaulieu ont accueilli Jagger sans difficulté, mais renseignez-vous pour chaque musée ou église. En été, ne laissez jamais votre chien dans la voiture, même à l’ombre.

Ralentir, c’est tout le voyage

Ces villages méconnus du Tarn-et-Garonne ne vous éblouiront pas au premier regard. Ils demandent un peu de temps, un peu de curiosité, parfois une histoire à connaître avant d’arriver. C’est exactement pour ça que je les aime.

Et vous, quel village du Tarn-et-Garonne gardez-vous pour vous ? Dites-le-moi en commentaire. Promis, je ne le répèterai à personne ou presque.

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